Me voilà en train d’attendre ce satané coup de fil, ou miette-sms en déplorant cet état de servitude romantique, qui concrètement ne sert personne. A part s’occuper, se tromper le neurone miroir comme dirait l’autre.
Pourtant, c’était bien cette balade main dans la main l’autre jour. Et la fiesta alors que Mr Chou vous présente à ses copains.
Les copines s’extasient, me voilà sacralisée à nouveau sous l’emblème du couple amoureux. Pendant les apéros ça pique sur la langue cette saveur de jalousie toute nouvelle, que j’avais résolument oubliée.
Moi ça ne me réjouit pas.
Qu’on ne se méprenne point, Mr Chou est justement très chou. Adorable, cultivé, dynamique, beau, patient, tolérant envers mes analyses bizarroïdes comme envers mes blagues carambars. Orgasmes en prime, c’était le bonus pour passer au niveau 2.
Mais merde ! j’étais bien célibataire, j’étais arrivée à cet état de non-recherche-béatitude quasi bouddhiste envers mon self de femme en pleinitude autonome.
Je me surprends à être triste quand on ne se voit pas. Exit le beau travail sur soi ! J’ai envie de m’échapper de ce traquenard et m’y jeter à corps perdu en même temps.
Le stable et régulier développement de notre relation me donne des boutons. Je ne suis pas habituée, je veux le paysage connu : des types bancals, des tromperies, de la solitude.
Qu’est-ce qui me prend à vouloir être heureuse ?
Bon, il l’envoie cet SMS ?


