Jeudi 25 novembre 2010 4 25 /11 /Nov /2010 14:58

Me voilà en train d’attendre ce satané coup de fil, ou miette-sms en déplorant cet état de servitude romantique, qui concrètement ne sert personne. A part s’occuper, se tromper le neurone miroir comme dirait l’autre.

Pourtant, c’était bien cette balade main dans la main l’autre jour. Et la fiesta alors que Mr Chou vous présente à ses copains.

Les copines s’extasient, me voilà sacralisée à nouveau sous l’emblème du couple amoureux. Pendant les apéros ça pique sur la langue cette saveur de jalousie toute nouvelle, que j’avais résolument oubliée.

 

Moi ça ne me réjouit pas.

Qu’on ne se méprenne point, Mr Chou est justement très chou. Adorable, cultivé, dynamique, beau, patient, tolérant envers mes analyses bizarroïdes comme envers mes blagues carambars. Orgasmes en prime, c’était le bonus pour passer au niveau 2.

Mais merde ! j’étais bien célibataire, j’étais arrivée à cet état de non-recherche-béatitude quasi bouddhiste envers mon self de femme en pleinitude autonome.

 

Je me surprends à être triste quand on ne se voit pas. Exit le beau travail sur soi ! J’ai envie de m’échapper de ce traquenard et m’y jeter à corps perdu en même temps.

Le stable et régulier développement de notre relation me donne des boutons. Je ne suis pas habituée, je veux le paysage connu : des types bancals, des tromperies, de la solitude.

 

Qu’est-ce qui me prend à vouloir être heureuse ?

Bon, il l’envoie cet SMS ? 

chou frise

Par psychedelix
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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 22:53

 

En ce moment, un de mes chefs fait son gros mais alors gros caca nerveux.

Persécution, violences verbales, angoisse au travail, tout y est. 

C’est relativement grave, mais ce coup-ci, j’ai des collègues assez unis qui ne digèrent pas la pilule du régime de l’autorité totalitaire, et on se mobilise.

Pendant que j’observais mon chef se débattre, se défendre comme un diable pour lutter contre toutes les accusations qu’il prenait personnellement, je me demandais si je faisais de même quand je sentais le vent tourner dans mes activités.

Parce que c’est moche. Une personne en proie à des conflits de personnalité au boulot, c’est absolument vilain. Comme un barrage déglingué qui laisse partir une belle énergie dans un flot continu, gâchis. Comme une magnifique baraque et son jardinet qu’on rase pour en faire un parking. Comme un type extra chouette et volontaire qui donne de soi puis qui se met soudain à débloquer total et à insulter tout le monde.

 Le boulot, cette fantastique machine qui nous procure la clef de l’autonomie, du développement de nos idées, du minimum social de lien à autrui.

Le boulot, qui cadence nos semaines, nos coups de gueule, nos revendications, nos fatigues. Le boulot ce premier pas vers un rêve de plus tard.

 

Le boulot devient une formidable machine à devenir fou, enragé, désespéré. Le pauvre bougre voit ses collègues susurrer « licenciement » partout, tout  est sujet d’embrouille, reproches. Le bougre somatise un joli cancer, un AVC, se suicide, faute d'avoir la ressource de se battre pour encore remonter la pente.

Et on trouve ça regrettable. Vraiment fâcheux ce phénomène de stress au travail.

 

Punaise, si j’avais une solution, si j’arrivais à ouvrir plus grand mon cœur et mon cerveau, j’y mettrais un sacré paquet de gens.

TempsTravail.jpg

 

 

Par psychedelix
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Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /Mai /2010 09:56

Futur Chouchou m’invite manger au resto, son plat préféré ever.

 

Un truc japonais hyper bon et bourré de sauces asiatiques exotiques et oh my god, peut-être aphrodisiaques.

 

C’est un sans faute même son retard de 10 minutes me permet de lui mettre la main dans le cou pour faire une blague d’écervelée grelottante, il répond positivement à mes signaux de femelle séductrice.

Un p’tit martini, on rit. Le cadre c’est tout moi, moitié déglingue, moitié intimiste, des grosses pierres un carrelage puzzle, une serveuse timide et gentille qui sourit pour porter une carafe d’eau. Adorable.

 

Je me dis que j’ai bien de la chance qu’un homme m’emmène pour la première fois au resto dans un endroit que j’aime déjà et ça augure du bon.

Le printemps est dans mon assiette, l’œil brille tel celui du chien qui vient de manger son Pedigree Pal.

 

« Allez ? Tu viens boire un limoncello à la maison ? »

 

On boit le sucre jaune de Sicile en regardant des petites vidéos stupides sur des horloges suisses, on parle de nos vacances à Sofia ou à Prague (merci Schengen), on fait des paris, on se blague. La soirée avance et le pot, on tourne toujours autour.

 

2h du mat’, je sais pas ce qui me prend, j’en ai marre, je le renvoie sur le canapé lit, et moi je vais me coucher de mauvaise humeur sous ma couette de célibataire. D’un ton sans appel et sans recours, je dis bonne nuit à Totoro.

 

D’un coup je me suis dit… Bein rien, parce que j’ai pas compris.

 

Messieurs y’a des occas’ pas trop longues à saisir. Des fois qu’on change d’avis, trop envahie par un déjà vu difficile à extraire de notre boîte crânienne.

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Par psychedelix
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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 00:28

Ouille !

 

La rigueur n’étant pas une de mes qualités préférées, mon blog en pâtit. Tant mieux y’a peut-être quelque chose à tirer de cet abandon infanticide virtuel.

 

Bon là, je parle de Christian.

 

Partons avec des jeunes pas bien comme les autres faire de l’âne, non pas faire l’âne, j’ai dit faire DE l’âne. Au milieu des montagnes et tout et tout.

 

Les jeunes s’en foutent qu’il fasse beau ou moche, que le café soit tiède, ou que la vue soit splendide. Eux, ils caressent les ânes, tâtent de l’équidé à long poil dégueu et plein de choses bizarres que je qualifierais de pellicules pour animaux sauvages, beurk.

 

C’est le bonheur. Le pied total.

Ce jour-là, le bonheur c’était de toucher ces mammifères au milieu de leurs déjections en veillant à ne pas se faire compresser un orteil façon César par des sabots de bestiaux prestes à vous incruster les coutures des baskets sur la peau.

 

Christian se vautre sur son baudet le caresse, veut monter dessus. Il le sent. Ça se papouille, ça touche, ça se roule. La bestiole aime ça.

Communion.

Je les vois tous les deux, l’âne lambda et l’enfant particulier, aucun mot, des gestes, des présences animales, rassurantes, instantanées, sans promesse.

J’assiste à une splendide leçon de contact sans a priori.

 

Quand les parents récupèrent quelque temps plus tard leur progéniture autistique, je leur dis le plaisir que j’ai eu à m’occuper de Christian. Le papa, les larmes aux yeux, me confie qu’il est heureux.

 

Autant de bonheur aussi simple à trouver c’en est presque déconcertant.

 ane.jpg

 

 

Par psychedelix - Publié dans : handicap
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Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 08:21

Ah ! Le beau samedi d’avril avec son soleil piquant et sa fraîcheur sur nos joues… Splendide moment en terrasse avec une bonne salade lyonnaise pour touriste et zou ! A la manif !

 

La manif antifasciste qui a eu lieu samedi départ 15h place Bellecour.

Différents événements insidieux (agressions, antimanifestation...) se sont produits et les délégations se sont mobilisées pour que l’on ne reste pas sidéré, sans voix, mais que ceux qui le veulent puissent exprimer un cri, au moins.

 

Je ne rebute pas d’y aller seule, mais là c’était bonus car un copain anar mettait un point d’honneur à scander les slogans choc de la CNT ce jour-là. Ses amis étaient également de la partie, mais avant de les retrouver je déambule au milieu des lecteurs de Kropotkine ou Déjacque.

Première observation, je fais tâche avec ma robe moulante, mes bottes à fleurs, mon début de coup de soleil et mes lunettes de marque (trouvées par terre par un gentil papi qui me les a filées, mais c’est une autre histoire).

Le look des anars c’est de feindre de ne pas en avoir. Tout en noir, fringues usées, du velours, pull exprès pas à la mode distendu et râpé, pas mal de visages cachés sous des foulards. Public par ailleurs plutôt masculin. L’apparence est donc partout, même chez ceux qui se concentrent ailleurs.

 

On démarre, c’est bon enfant et beaucoup moins dramatique que les apparences ne laissaient présager. À la simple question « Toi aussi tu es anarchiste ? » on me répond « Je n’aime pas me définir ». Forcément, le verbe, la catégorie représente déjà une forme de hiérarchie. Je manque de tact décidément.

 

On m’explique que l’autorité et le système ne servent qu’à manipuler. Bakounine souffle son enseignement à travers les discussions engagées :

 Tant qu'il n'y aura pas d'égalité économique et sociale, l'égalité politique sera un mensonge

 

Ni Dieu, ni maître. Restons dans un espace-temps idéologique pas si désagréable que ça, car partagé où l’Homme serait maître et conscient de son destin.

 

On croise un moyen groupe de fachos sur les quais de Saône tenus à distance par des CRS impassibles. Saluts nazis, doigts d’honneur, tout l’art grotesque du symbole gestuel y passe pour nous faire comprendre que notre manif est ridicule. Les manifestants huent, scandent leur rage contestataire depuis le pont de la feuillée.

 

Personne ne gagne. Le vrai combat se fera dans le quotidien des agressions, de la vigilance des personnes engagées, de la forme que la société voudra bien se donner.

 IMG_0592.JPG

 

 

 

 

Par psychedelix
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